Capitaine Fibre

CapitaineFibre est une identité pédagogique que j'ai coconçu dans le cadre de mes missions posture : être sérieux, sans se prendre au sérieux. Ainsi qu'une volonté : proposer un numérique plus humain.


C'est également un outil de narration autour duquel est construit un parcours d'apprentissage. C'est le personnage principal de notre "odyssée du numérique". Un aventurier qui part à la conquête du monde numérique.


En outre, il humanise une démarche pédagogique qui veut associer la découverte, l’engagement et la positivité. C’est un guide, un point de repère dans un univers complexe et souvent abstrait.

 


Cette identité ne s'arrête pas là. Derrière CapitaineFibre, il y a une vision de l'inclusion numérique en 4 dimensions :

  1. Accès : prêter des équipements, une connexion à Internet, s'adapter aux besoins de chacun et aller au plus prés des usagers ;
  2. Compétences : former aux usages et tendre vers l'autonomie numérique ;
  3. Motivation : donner du sens et de l'utilité au numérique ;
  4. Confiance : être à l'écoute et encourager.

Enfin, CapitaineFibre c'est un parcours d'apprentissage en 5 parties et 3 niveaux de difficultés fondé sur le référentiel européen de compétences numériques, et accompagné d'un petit guide intergalactique du numérique disponible en ligne. 

 

Remarque : la logique pyramidale est fondée sur la théorie de la motivation et des besoins d’Abraham Maslow. L’objectif est de motiver les apprenants en donnant du sens à l’apprentissage du numérique. Elle se résume en 5 points :

  1. Découvrir un nouvel environnement ;
  2. Le sécuriser ;
  3. L'explorer ;
  4. Le développer ;
  5. Le maîtriser. 

Un service de médiation numérique itinérant

CapitaineFibre c'est un service public de médiation numérique itinérante à échelle départementale.

 

Les avantages de l'itinérance :

  • Aller au plus près des habitants et notamment de ceux qui ne peuvent pas se déplacer ; 
  • Compléter, voire offrir un service qui n'existe pas dans certaines communes.

Les limites de l'itinérance :

  • Planification et communication difficile : la distance, entre le médiateur et la commune qui organise des ateliers, entraîne des problèmes de compréhension qui se traduisent par une faible mobilisation de la population et/ou des attentes trop éloignées de l'offre de service proposée ;
  • Improvisation : toutes les communes n'ont pas de salle adaptée à la médiation numérique ce qui oblige le médiateur à faire preuve d'imagination pour assurer son intervention et à disposer des ressources nécessaires pour pouvoir s'adapter (Cf. images ci-contre)
  • Fatigue physique : en fonction du temps trajets et du temps d'animation, ainsi que du nombre de déplacements par semaine, la médiation itinérante peut conduire à une fatigue dangereuse ;
  • Accompagnement ponctuel et découragement : la montée en compétence et l'autonomisation suppose un accompagnement sur le long terme que l'itinérance à échelle départementale peut offrir à condition de disposer des ressources humaines et financières adéquates ;
  • Impact environnemental : les déplacements à répétition ne sont pas en cohérence avec le contexte écologique préoccupant. 

En outre, si l'aspect "aller vers" les publics est l'atout principal de l'itinérance, cette dernière ne permet pas de garantir l'accessibilité et la continuité du service public sur le long terme. En ce sens, elle n'est pas une solution durable, mais une solution précaire à des problèmes de fond :

  • La fermeture des guichets de proximité ;
  • La carence d'offre de formation au numérique aux agents, élus et professionnels de l'accompagnement social ;
  • Le manque de ressources humaines et financières des collectivités territoriales. 

En outre, une politique d'inclusion numérique devrait se traduire par une présence permanente et régulière sur les territoires des professionnels qualifiés

Le chariot pour transporter le matériel

Contenu du chariot

X1 enrouleur (10m)

X1 multiprise (6 prises)

X1 routeur 4G (50Go)

X1 vidéoprojecteur

X6 souris

X6 clés USB

X6 ordinateurs portables (ou tablettes)

Disposition de la salle


Bilan de 3 années dans le domaine de l'inclusion numérique

Après 3 années dans le domaine de l'inclusion numérique, d'abord en tant que chargé de projets, puis en tant que médiateur/coordinateur, je dresse le bilan suivant : il faut remettre en question la politique de dématérialisation et plus largement le rôle du numérique dans le service public.

 

Force est de constater que le numérique porte atteinte aux principes d'accessibilité et d'égalité du service public. En ce sens, lire le dernier rapport du défenseur des droits.

 

A cela s'ajoute un décalage entre les ambitions du gouvernement en matière de numérique et les moyens au niveau local. Les grands discours sur le progrès technologique et la société numérique se heurtent à la réalité du terrain et aux besoins concrets des Français.

 

En outre, la politique numérique du gouvernement consiste d'un côté à aggraver la fracture numérique en accélérant la "transition numérique" et de l'autre à tenter de la résorber  en 2 ans avec une stratégie d'inclusion numérique de 250 millions d'euros. 

 

 Aussi, l'inclusion numérique à plusieurs défis à relever :

  • Orienter les publics vers l’offre adaptée, sans qu’il soit nécessaire de réexpliquer son besoin, son niveau à chaque nouvel interlocuteur ;
  • Intéresser les publics : transformer l’obligation en mobilisation ;
  • Faire connaître et structurer l’offre disponible sur les territoires.

Pour répondre à ces défis d'un point de vue stratégique il conviendrait de :

  • Former et sensibiliser les agents et les élus locaux au numérique et en particuliers les ressources disponibles d’assistance, afin de limiter la méconnaissance et les préjugés sur le sujet et ainsi mieux accompagner les usagers. 
  • Conforter et harmoniser la mise en réseau des acteurs de l'inclusion numérique par le biais d'un label national, voire européen.
  • Communiquer sur la profession et le sujet de l'inclusion numérique.
  • Lancer une grande consultation nationale du numérique dans le but de "politiser" le numérique, de mieux cerner les besoins des Français et surtout, de faire avec eux plutôt que sans eux ;
  • Rédiger une charte du numérique de valeur constitutionnelle afin de mieux protéger les droits et libertés fondamentaux que le numérique ne cesse de mettre en danger et encadrer la politique de dématérialisation menée par le gouvernement ;
  • Décentraliser et européaniser la politique d'inclusion numérique afin de donner aux territoires les moyens d'agir et sortir d'une logique de financement par projet et donc de court terme comme le recommande la MedNum dans son dernier rapport. 

Enfin, d'un point de vue tactique si je devais imaginer un service de médiation numérique "idéal" à l'échelle d'un département ou d'une métropole, voila comment je l'organiserais : 

  • Un-e chargé-e de mission inclusion numérique afin de garantir la coordination des réseaux locaux d'inclusion numérique, les relations avec les hubs, la région et les services de l'Etat, ainsi que la recherche de nouveaux partenaires et répondre aux différents appel à projet et manifestation d'intérêt.
  • Un-e chargé-e de communication afin d'assurer la promotion de l'offre d'inclusion numérique, l'actualisation de la cartographie des acteurs/actions et la planification des ateliers numériques. 
  • Un-e chargé-e d'ingénierie pédagogique pour concevoir les programmes de médiation/formation.
  • X médiateur-trice numérique* disposant du titre professionnel de responsable d'espace de médiation numérique, de la formation France Services et de l'habilitation "aidants connect". Ils seraient ainsi en mesure d'animer des ateliers de médiation numérique à destination de tous les publics (à partir de 9 ans) en format collectif et individuel, ainsi que de l'assistance aux démarches administratives en ligne.

*A minima 1 par EPCI.  

Bilan 2021 des ateliers CapitaineFibre


Médiateur numérique : un métier d'avenir ?

Dire que le métier de médiateur numérique est un métier d'avenir, alors même que l'on parle de transition numérique peut sembler paradoxal. 

 

Encore aujourd'hui, le champ de la médiation numérique reste mal défini. Les missions des médiateurs.trices numériques dépendent essentiellement du lieu auquel ils et elles sont rattachées et de leur statut professionnel : fonction publique, indépendant, salarié du secteur associatif ou de l'économie sociale et solidaire...En ce sens, le médiateur numérique d'un CCAS sera plus régulièrement amené à faire de l'aide aux démarches administratives, qu'une médiatrice numérique d'un "tiers-lieux" qui elle fera davantage de l'aide à la création numérique.

 

Le terme même de médiateur numérique est contesté. Certain préférant celui de conseiller, ou de coach, parfois d'aidant. 

 

En conséquence, un certain nombre de question se posent quant à l'avenir de cette profession :

  • Est-ce que la transition numérique a une fin ? Plus précisément, est-ce que la fracture numérique est un problème conjoncturel ou structurel ?
  • Est-ce que les médiateurs numériques vont prendre la place des métiers de l'accompagnement social ou est-ce que les professionnels de l'accompagnement social vont se former au numérique pour pouvoir répondre aux conséquences de la dématérilisation ?
  • Plus simplement : est-ce que les médiateurs numériques répondent à un besoin de long terme ou à un besoin de court terme ?

Je n'ai pas la réponse à ces questions, seulement des pistes de réflexions :

  1. Force est de constater que d'une part la fracture existe depuis 30 ans et que d'autre part elle se creuse (en témoigne le dernier rapport du défenseur des droits) ;
  2. Force est de constater que la technologie numérique ne cesse d'évoluer et de se complexifier plus vite que les moyens disponibles pour former les Français ;
  3. Enfin, force est de constater que le degré de vulnérabilité face au numérique est déterminé par de nombreux facteurs qui ne se limitent pas à l'âge, mais qui sont liés au dysfonctionnement de notre société elle-même. En particulier, à la croissance des inégalités sociales et notre modèle démocratique et économique à bout de souffle.

Prédire l'avenir est toujours un exercice périlleux. Aussi, je me contenterai de dire que le métier de médiateur numérique a été créé pour répondre à un problème. En ce sens, tant que les causes profondes de ce problème n'auront pas trouvé de solution, ce métier demeurera un métier d'avenir. Mais est-ce vraiment souhaitable ?

 


Autres ressources

Programme d'actions éducatives pour les collégiens - citoyenneté numérique

Dans le cadre du Programme d'actions éducatives pour les collégiens (PAEC) du département des Pyrénées-Atlantiques des interventions de 2h sont proposées aux collégiens de 6e ou de 5e afin de les accompagner vers un usage responsable des outils numériques, dans le cadre du Programme d’Actions Educatives pour les collégiens 2020-2021 porté par le Département des Pyrénées-Atlantiques.

 

L'objectif est d'apprendre aux élèves à utiliser les opportunités offertes par les outils numériques tout en assurant leur protection, celle de leur identité numérique et de leur vie privée sur Internet. Une approche participative est privilégiée afin de responsabiliser les élèves sans les culpabiliser.

 

Afin de répondre à cet objectif, j'ai imaginé l'animation ci-contre. 


Campagne de communication des ateliers CapitaineFibre


Clip vidéo de présentation des ateliers numériques CapitaineFibre

Webinaire sur le déploiement des 40 CNFS du 64

Journée d'intégration du 1er octobre des CNFS du 64


Revue de presse

Les ateliers en images



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